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C'est lors de la guerre de 7 ans (1756-1763), opposant les royaumes de France et de Grande-Bretagne, qu'a eu lieu - officiellement - la première attaque biologique.

L'officier britannique Jeffery Ahmerst, suggéra à son subalterne, le colonel Henri Bouquet, l'usage de couverture infectées par la variole, pour tenter de contaminer les indiens des Delaware, alliés des français :

 « You will do well to try to innoculate the Indians by means of blankets, as well as every method that can serve to extirpate this execrable race. »

Vous feriez bien d'essayer d'infecter les Indiens avec des couvertures, ou par toute autre méthode visant à exterminer cette race exécrable. »)

Des couvertures contaminées par la petite vérole furent ainsi distribuées, causant près de 20.000 morts chez les indiens, pour lesquels cette maladie tout à fait nouvelle fut particulièrement virulente. La petite vérole (ou petite variole) et une infection d'origine virale, provoquant des éruptions cutanées dont les cicatrices perdurent après la maladie, si le patient survit. Le taux de mortalité était très élevé et la maladie est toujours restée hors de portée d'un traitement efficace. Elle a été éradiquée, selon l'OMS, en 1977. Plusieurs exemplaires sont néanmoins conservés dans le cadre de la recherche.

D’autres atrocités dans le passé

Si le terrible exemple de l'usage de cette arme biologique est le premier officiellement recensé, d'autres utilisations de maladies ou d'agents pathogènes avaient fait parler d'eux par le passé.

Certaines techniques simples sont les précurseurs de la guerre biologique : empoisonner les puits avec des cadavres d'animaux, offrir à ses ennemis des objets manipulés par des malades...

En 1344, les Turcs Tatars ont ainsi vaincu le comptoir génois de Théodosie, en catapultant des cadavres pestiférés dans la ville assiégée. Cette évènement pourrait avoir déclenché la grande vague de peste bubonique : suite à l'arrêt des combats entre turcs et génois, les bateaux génois purent ré-embarquer et rejoindre l'Europe, diffusant probablement la maladie, l'une des plus importantes pandémies de l'histoire humaine (pics de la peste noire en 1348 et 1350). Cette pandémie tua près de 30 à 50% de la population européenne.

Quelques cadavres catapultés pour la prise d'une ville auraient alors scellé le destin de 25 millions de vie. Ce n'est pourtant pas la plus ancienne utilisation du potentiel guerrier biologique…

 

La toute première utilisation de matériel contaminé remonte à 1500 avant Jésus-Christ : les hittites (peuple ayant vécu en Asie Mineure au IIe millénaire av. J.-C.) emmenaient en territoires ennemis les victimes de la peste.

L'usage de poisons s'est répandu par la suite, de même que la contamination des denrées : lors de la première Guerre Sacrée de Grèce, vers 590 avant J-C, des Athéniens empoisonnèrent l'eau de la ville assiégée de Kihrra, avec des hellébores, plantes connues pour leur toxicité.

 

Tag(s) : #Histoire du Monde

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